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25 mars 2008 2 25 /03 /mars /2008 14:59
Une véritable politique environnementale repose sur une notion simple : celle de « penser l’avenir » : qu’avons nous fait, qu’est il advenu, comment corriger le tir ? C’est ce « comment » qui définit notre éthique écologique. C’est une méthode basée sur des prospectives.  Un raisonnement indirect, systémique et la série des rétro-actions qui le constitue permet d’atteindre un équilibre. Il s’agit au fond d’une simple régulation… Nous nous comportons comme cela au quotidien: en conduisant sa voiture, en négociant avec ses collègues, ou pour faire comprendre quelque chose à ses enfants. On voit ainsi se former "un équilibre" (je suis arrivé à bon port et n'ai pas fini dans le fossé) voire un progrès (cas de l'enseignement). Appliqué au système Terre, nous devrions donc nous trouver dans un état d'harmonie entre la population et les ressources naturelles.Le fait est cependant que ce n'est pas le cas. Pourquoi ?


Global_Warming_Predictions.png

Car la propension d'une communauté à reconnaître la réalité d'un risque est déterminée par l'idée qu'elle se fait de l'existence de solutions. Si je vais tout droit à 60 à l'heure et qu'il y a un mur devant moi alors il y a de grandes chances que je n'arrive pas intact au boulot. Or je sais qu'en tournant le volant, je vais l'éviter, c'est donc ce que je vais faire. Une telle solution ne se "présente" pas pour le système Terre, au sens propre, c'est-à-dire visuellement. On va donc considérer que le mur n'existe pas, qu'aucune catastrophe écologique n'aura lieu. Des chercheurs nous diront que si, des remèdes existent: ils vous parlerons de décroissance, de changement des modes de production et de développement durable, bref d'un renoncement au «progrès», prix à payer pour éviter le désastre qui pour eux, du coup, leur paraitra clair et identifiable. Cependant, cette information, cette compréhension logique du monde ne passe pas au niveau collectif et aucun de ces remèdes n'est vraiment appliqué. Cela veut donc dire que contrairement aux chercheurs, les gens ne "voient" pas ces solutions et éliminent donc le problème. La raison? Une solution "éthique" (c'est-à-dire fondé sur une logique systèmique comme nous l'avons vu) n'en est pas une : la métaphysique prévaudra.

Est-ce que je pense à la mort tous les jours, ou bien est-ce qu’elle module mon action ? Non, indubitablement. La seule considération d’un « qu’est-il advenu » me permettrai d’y penser et ainsi de moduler mon comportement. Si un chercheur découvrait comment supprimer le gène responsable du vieillissement, il y a fort à parier que les actions du labo grimperaient en flèche. Ce n’est pas le cas : l’absence de solutions entraîne une inhibition, dont sa seule échappatoire est la fuite dans l’irréel : mieux vaut ne pas y penser et imaginer d'autres mondes : l’illusion métaphysique comme source d’action.


Concernant la planète, la situation n’est guère différente: on préferera voir un ordre supérieur simpliste (le "de toutes façons, c'est foutu, c'est déjà trop tard") plutôt que d'appliquer notre logique éthique et d'oeuvrer à la recherche de solutions. Car celle-ci n'apportera pas de solutions "visibles" ! Par contre, cumulée à d'autres actions locales, elle entrainera par effet papillon et sur plusieurs décénies des changements importants. En attendant, nous ne verrons aucun de ces effets "positifs" et nous en déduirons que nos actions étaient inutiles et par là-même contraires à notre logique de vie.


Qu’est-ce que cela prouve ? Que pour la plupart des gens, il est aussi malsain de penser aux problèmes environnementaux qu’à la mort. La considération d’une inéluctabilité ne provoque qu’inhibition de l’action. Seule la nécessité (mais il sera trop tard…) permet d’agir tout en maintenant son être en état de cohérence. Et ça, le capitalisme, parfait reflet de l’évolution darwinienne, l’a bien compris.

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To the happy few, à ne pas faire circuler… :-)

 

Sylvain BINEAU

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