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18 septembre 2008 4 18 /09 /septembre /2008 16:34

Richard Wright est mort lundi dernier. Ce nom ne vous dit peut-être rien, ou vaguement quelque chose. Il est pourtant l’auteur d’une de plus belle chanson jamais écrite : The great gig in the sky… Non, toujours pas ? He bien, « Rick » était le claviériste des Pink Floyd. Contrairement à Roger Waters (le chef d’entreprise) ou David Gilmour (le virtuose top model), Richard Wright était plutôt discret et « décalé ». Il a fumé une fois, en 68, avant un concert, et n’a ensuite pas pu jouer une seule note !

 En fait, les Floyd étaient un peu à son image. Il insufflait cet esprit « planant », cette réflexion mélancolique sur son époque qui a souvent manquée aux groupes de cette période. Nous sommes effectivement en 65 quand il crée le groupe (avec R. Waters et S. Barrett). La tendance est alors à la psychadélie. Mais, après le départ de Syd Barrett et l’arrivée de David Gilmour (guitariste) le groupe se détache progressivement de tout effet « mode ». En témoigne notamment Atom Heart Mother (68), sorte d’ovni musical aux aspirations transversales, dont la vache en couverture marquera pour longtemps les esprits. Kubrick lui-même voulait l’utiliser pour Orange Mécanique, ce qui lui a été refusé. Mais c’est, selon moi, avec Echos (sur l’album Meddle, 71) que Wright donne le « ton » au groupe. Celui-ci jouera cette chanson en « live » (mais sans public !) à Pompéi. La video existe, est superbe, et contient, entre les pistes, quelques belles interviews et un making of. La consécration viendra ensuite avec les connus Dark Side of the moon et Wish you were here dont Shine on your crazy diamonds reste un des summum du rock progressif.

Le making of du Dark Side existe en video et contient quelques morceaux d’anthologie, notamment le contexte de la composition de The great gig in the sky. Nous sommes en 1972, aux studios d’Abbey Road. Wright, quelques jours plus tôt, a imaginé les premiers accords du morceau, sur fond de blues, à la Miles Davis qu’il admirait. Lui, Waters et Gilmour ont voulu aborder les « grands thèmes de l’existence » dans leur album et Wright doit composer sur la mort. Il pense attribuer la partie chantée à une chanteuse extérieure, sans parole ni consigne précise. Clare Torry est l’une des chanteuses qui se sont présentées. Ils lui ont simplement dit : « pense à la mort, à l’horreur, et chante ». Il en est ressorti une improvisation magique et une Clare décomposée les regardant tous les 3, encore sous le choc, leur disant seulement « je suis désolée ». Et Waters de répondre, « non, c’était parfait ».

La page des 70’ se referme petit à petit. Les albums deviennent des « classiques ». On s’y réfère souvent, on les écoute parfois, mais on les joue peu. Car ces années continuent de véhiculer l’image des hippies et des tarpés. De nombreux artistes ont cependant vécu cette période de façon beaucoup plus réfléchie et leurs compositions méritent des écoutes plus attentives qu’il n’y parait. Wright étaient l’un d’eux, assurément.

 

Sylvain Bineau

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commentaires

Sylvain 23/10/2009 16:46


Merci Uly pour ces précisions que j'ignorais. Je vais revoir la fin de 2001 avec Meddle en toile de fond. Ce sera magique, à n'en point douter. A bientôt.


uly 22/10/2009 22:00


Et Animais... l'album politique basé sur la ferme des Animaux...

Pour Kubrick et la musique du Floyd : le Floyd n'aimait pas qu'on utilise sa musique dans les films et ça se comprend, mais il existe une bande artisanale de la dernière partie de 2001 (To Jupiter
and beyond), la partie psychédélique, où  Echoes remplace le morceau de Ligeti originellement utilisé par Kubrick - ça se cale très bien.

A rapprocher de l'histoire du magicien d'Oz calé sur Dark side of the moon, à partir du rugissement du lion de la MGM, je crois.