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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 15:48

Marion Jones (athlète : triple championne olympique aux jeux de l’an 2000)

Puerta (tennisman : finaliste à Roland Garros en 2005)

Floyd Landis (cycliste : vainqueur de Paris-Nice en 2006)

Coria (vainqueur de neuf tournois et finaliste à Roland Garros en 2004)

 

Quel est le point commun entre ces sportifs ?

Tous dopés.

 

On ne peut plus se le cacher : nos sportifs sont dopés.

Pas uniquement dans le cyclisme.

Dans tous les sports.

 

La réaction la plus simple, la plus facile est de tirer à boulets rouges sur les sportifs.

 

Mais il est plus troublant de chercher à comprendre pourquoi ces athlètes se dopent.

 

La gloire ? Malheureusement pour ces athlètes, elle n’est qu’éphémère. Les artistes dopés sont vite démasqués et les médias s’empressent de dénoncer l’imposture en leur jetant l’opprobre.

 

L’argent ? Oui bien sûr on est en droit d’y penser. Cela valait pour les sportifs dopés dans les années 90. Seulement, la traque des sportifs dopés s’est renforcée et médailles et gros billets doivent désormais être rendus.

 

Alors pourquoi les sportifs continuent-ils de se doper en dépit de la lutte anti-dopage ?

 

Le problème principal de la lutte anti-dopage et qui explique sans doute son échec est qu’elle se concentre uniquement sur l’athlète. Or, derrière l’athlète se cache un système, une machine qu’il paraît difficile de contrôler.

 

Derrière l’athlète se cache tout d’abord, une équipe,….financée par des sponsors. Les équipes sont en partie financées par des marques qui investissent massivement de l’argent. Les sportifs font de la publicité pour des marques de vêtements de sports…Autrement dit, pour ces sponsors, le sportif et l’équipe reflètent l’image de la marque. Certains sportifs faisant de la publicité pour des marques de shampooing ont interdiction de se couper les cheveux.

 

Il paraît évident que ces sponsors n’investissent pas autant d’argent pour voir leur poulain perdre. Les sportifs comme les employés des grandes entreprises se doivent de l’emporter pour rentabiliser l’investissement misé. Du chiffre, de la performance : même combat pour l’employé d’une multinationale que pour un sportif sponsorisé. N’oublions pas que le sport médiatique est  à l’image de la société.

 

Derrière l’athlète se cache également tout l’appareillage médiatique et en tout premier lieu la télévision. Le sport est un spectacle et se doit de le rester pour faire de l’audience. Pour cela, les sportifs doivent en faire plus, toujours plus : améliorer le record du 100 m, franchir des cols au rythme d’une mobylette. La télévision veut vendre du sensationnel et promet à chaque compétition du jamais vu. Les limites physiques de l’homme étant ce qu’elles sont, le dopage devient indispensable pour améliorer à coup sûr les performances le jour J. Il faut que cela soit clair : le record du 100m ne pourra plus descendre indéfiniment sans produits dopants.

 

Alors plutôt que de s’en prendre aux dopés de façon unilatérale, il faudrait également s’interroger sur le sport que nous désirons.

 

La question est la suivante : les téléspectateurs seraient-ils prêts à assister à des retransmissions où les athlètes courent moins vite, où les records ne tombent plus, où les joueurs de football se fassent des passes au ralenti ?

 

Sommes-nous prêts à accepter un sport se servant de tous les artifices possibles pour permettre aux sportifs de repousser encore plus loin les limites de l’humanité ?

 

Ou alors à accepter que l’homme a des limites physiques et ne pourra pas aller plus loin, plus haut, plus vite ? L’homme, en exploitant uniquement ses capacités naturelles, continuera certes à progresser, mais plus lentement, à son rythme.

 

En tout cas, il faudra faire un choix et cesser cette attitude hypocrite qui consiste à punir des sportifs tout en promouvant le sport-spectacle.


Manuel Toulon 

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