Créé par l'association Areduc en 2007, Entre Les Lignes propose un regard différent sur l'actualité et la culture en France et dans le monde.
Et la France de sombrer. Reagan, Schwarzy… on s’y met tranquillement nous aussi.
Mais pourquoi ?
(Non, non, il ne s’agit pas d’un coup de gueule Fun Radio teinté de désespoir prépubère, mais bien d’une vraie interrogation)
La faute au bien-être et à la démocratie… si, si…
Eh oui, l’être humain, comme tous les animaux, mobilise son énergie pour survivre. L’équivalent moderne de cette assertion serait « Aujourd’hui, chérie, j’fais l’ménage, toi les courses ». On peut, sans avoir recours à une littérature très spécialisée, dire que nous sommes loin de fonctionner à 100% de nos possibilités… Et le boulot me direz-vous ! Un p’tit discours, pas mal de copier-coller, de l’internet, des pauses cafés… non, soyons sérieux…
Bref, ne mobilisant que 5% de notre potentiel pour vivre, il nous en reste beaucoup. Pour ne pas l’investir dans des objectifs fâcheux, « on » nous donne du divertissement. Nicolas met lui-même la main à la pâte dans cette lourde tâche, soyons-en lui reconnaissants…
Mais, alors, quid des « objectifs fâcheux » ? Changer de feuille de route pour certains, revenir au précédent check-point pour d’autres, changer de cap pour nous… ou simplement faire en sorte que la France ne soit plus le 3eme producteur d’armes au monde, par exemple, signe l’accord contre les mines anti-personnelles…
Autant de manœuvres paradoxalement anti-démocratiques car s’opposant à toute forme de « croissance » au sens économique – croissance faisant actuellement l’unanimité (2%, 3% ?). Comment accepter effectivement qu’après 5 ans de travail « acharné » pour s’offrir un 4x4, celui-ci ne soit plus sur le marché ? Et qu’en fin de compte, il n’y ait plus de marché du tout ? Impossible, répond Dédé, j’veux mon 4x4, c’est Bobonne qui va être contente, elle aime être en hauteur…
Alors, quel sacrifice ? Quel choix ? Une bonne conscience ou un 4x4 et les paillettes de Nicolas ? On peut assumer qu’on se fiche totalement du petit mutilé asiatique qui a sauté sur une bombe française… même si dans une époque très « morale », cela paraît difficilement tenable. On peut aussi essayer de mettre cette morale en accord avec nos actes, en s’opposant à tous ceux qui auront fait le choix du 4x4 : demain, tous tyrans ?
Agissons au niveau individuel, le collectif suivra. L’acte a toujours précédé la décision qui n’est que la confirmation a posteriori d’un état de fait. Alors, n'ayons pas peur de prendre nos libertés, en gestes et en paroles, le système se réagencera de lui-même, vous verrez.
Sylvain Bineau