Savoir ou pouvoir?
+ 300% de sondages en un an, une version remaniée du fichier Edwige, le pass Navigo, Facebook, 4 millions de cameras de vidéosurveillance en Grande-Bretagne… on sait tout à tout instant, mais au fond, on sait quoi ? Que Dédé se lève à 7h00 ? Que Jacqueline voit son amant entre midi et deux ? Que Bob vole des auto-radios et que Brigitte écrit des articles pour son blog sur son temps de travail ? Ne serait-ce pas là une façon d’éluder les vrais problèmes (La cochonnerie comme concept, Partie 1 à 7), de refuser de chercher des solutions (Rêvons, c’est l’heure) ou juste notre penchant à procrastiner ?
Ne nous focalisons pas sur le fait de savoir. Il s’agirait enfin de rompre avec cet esclavage de la vérité et se dire que ce qui compte, c’est surtout de pouvoir : de l’écriture d’un article à celle d’un livre, de l’achat équitable à la création d’une coopérative, de la réduction de sa consommation à la relocalisation des activités, les actions sont multiples et profitables. Profitables au niveau individuel j’entends : peu importe au fond le résultat (hypothétique) de nos actions sur la société ou l’environnement. Elles sont surtout les vecteurs d’un nouveau comportement éthique et d’une cohérence personnelle, un refus de la passivité et de la soumission, voire pour certaines un acte de résistance et de création.
Clair-obscur est une petite plateforme de potentialités. Chaque contribution peut y être vue comme la contestation de l’inertie et du renoncement. La forme et la tendance politique des
papiers s’effacent alors devant leur qualité et l’urgence de leur existence.
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SB