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23 mai 2008 5 23 /05 /mai /2008 09:56

Les pêcheurs ne peuvent plus pêcher, la faute au prix du baril. La gauche en déreliction, la faute à ses dirigeants. Allongement de la dirée de cotisation, baisse du pouvoir d'achat, la faute au gouvernement.

     Un rat est dans une cage à deux compartiments A et B. Des graines et de l’eau sont dans le compartiment B, c’est donc fort logiquement là qu’il se trouve. Un signal sonore intense l’interpelle. Quelques secondes plus tard il reçoit une décharge électrique via les barreaux de la cage et court se réfugier dans le compartiment A qui est isolé. Mais il revient dans le compartiment B pour se nourrir… le signal sonne à nouveau, cet fois le rat comprend et se réfugie tout de suite dans le compartiment A. Il fera ainsi des allers-retours à chaque fois que le signal se fera entendre.

 

Si maintenant, on ferme l’accès au compartiment A. Le rat devient fou et il meurt. Si on ferme l’accès au compartiment A mais qu’on introduit un autre rat dans le compartiment B. Alors, lors du signal, les rats se stressent et au moment de la décharge se battent et témoignent de l’agressivité l’un envers l’autre. Ils survivent.

 

Ces expériences sont relatées par le professeur Henri Laborit [1] , neurophysicien, qui a classé les différents comportements d’un individu en situation de stress en trois catégories : la lutte, la fuite et l’inhibition. Dans la deuxième situation, le rat ne peut ni fuir ni lutter, son état d’inhibition se prolonge et il meurt. Dans le troisième cas, la lutte est possible assurant la survie des deux individus.

 

Il en va  de même, selon moi, pour l'espèce humaine. Pourquoi passer tant de temps à s'accuser, à chercher des responsables là où, souvent, il n'y en pas? En fait, il ne peut pas y en avoir: dans un monde aussi complexe que le nôtre, est-il vraiment possible de voir dans un délit ou dans un accident le fait d'une personne, ou même d'un groupe?  Tout comme pour les rats, il n’y a aucune raison objective de lutter les uns contre les autres, et c’est pourtant ce à quoi nous assistons à la vue de ces incriminations et recherches de coupables à répétition.

 

           Il en va en effet de notre survie en état de stress. Et c'est ce stress, c'est à dire notre mode de vie dans son ensemble qu'il faut combattre, pas notre voisin.


[1] Dans le film Mon oncle d’Amerique d’Alain Resnais, mais aussi dans éloge de la fuite, 1976.


Sylvain Bineau

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